Le Collège Européen de Sécurité et de Défense

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L’idée de la création d’un Collège de sécurité et de défense (CESD) est loin d’être nouvelle. Des réflexions ont été engagées dès 1991, dans le cadre de l’Union de l’Europe Occidentale (UEO).À partir de 2000, notamment dans un cadre franco-allemand, lors des sommets de Mayence et de Vittel, il a été réaffirmé qu’il ne saurait y avoir de politique européenne de sécurité et de défense sans une culture et une formation communes. A l’époque, des points de divergences n’avaient cependant pas permis d’aboutir.

Le principe d’un Collège européen axée sur la PESD a ensuite été repris et entériné lors du sommet de Tervueren en avril 2003, par les quatre chefs d’État et de gouvernement allemand, belge, français et luxembourgeois. Cette initiative rejoignait les préoccupations réaffirmées lors du Conseil européen de Thessalonique invitant l’Union à développer une culture européenne de sécurité et de défense dans le cadre de la PESD (le Conseil européen a approuvé en novembre 2003 un projet portant sur une politique de formation à la PESD).

L’impulsion décisive a été donnée à l’automne 2003, lorsque le ministre de la Défense français, Michèle ALLIOT-MARIE, a décidé, en liaison avec ses homologues allemand, belge et luxembourgeois, de présenter une formule pilote aux pays membres et futurs membres européens.

Tel que relancé par le ministre de la Défense, le nouveau projet de collège européen répond également aux souhaits exprimés par plusieurs États membres de l’UE, notamment lors des présidences grecque et italienne, de développer une culture commune servant à asseoir la politique européenne de sécurité et de défense. 

Avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, le Collège devrait connaître des évolutions du fait, notamment, de la création du service européen d’action extérieure (SEAE) et du poste de haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité en charge de la désormais « Politique de sécurité et de défense commune » (PSDC). 

 

Le Séminaire de définition

Une première rencontre s’est tenue en décembre 2003 à Paris entre des experts des Quatre (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg). Elle a permis d’esquisser les grandes lignes d’un document initial sur le Collège et d’examiner les premiers éléments de sa future mise en œuvre. Ce projet allait servir de base aux travaux du Séminaire de définition à 25 convoqué par le ministre de la défense à Paris les 11,12 et 13 février 2004.

Cette rencontre réunissait des experts des questions de formation en matière de défense (dont ceux de l’IHEDN), provenant des 25 Etats membres et futurs membres mais aussi du Secrétariat général du Conseil de l’UE et de la Commission.

Les échanges ont porté sur l’organisation du collège, son mode de fonctionnement, la nature des enseignements dispensés, la sélection des candidats et les perspectives de financement. Un volet spécifique a également porté sur la mise en œuvre, dès l’automne 2004, d’une session pilote expérimentale.

 

La session pilote

Suite à ce séminaire, les initiateurs du projet ont affirmé leur volonté de mettre en œuvre, dès l’automne 2004, une première session expérimentale ou « pilote » comportant plusieurs modules permettant de préparer un démarrage officiel du Collège en 2005.

Cette première promotion de 56 auditeurs, provenant des États membres de l’UE a suivi cinq semaines de formation, articulées en cinq modules répartis sur 7 mois :

  • Un premier à Berlin - Bundesakademie für Sicherheitspolitik (BAKS) - consacré à la connaissance approfondie de l’histoire et du contexte de la PESD
  • Un second organisé par la Belgique, la France et le Luxembourg à Paris et Bruxelles - Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) / Institut Royal Supérieur de Défense (IRSD) - consacré à l’actualité de la PESD
  • Un troisième à la Haye - Instituut Defensie Leergangen (IDL) - portant sur les défis de la sécurité européenne
  • Un quatrième à Madrid - Centro Superior de Estudios de la Defensa Nacional (CESEDEN) - sur les aspects géographiques et régionaux de la PESD
  • Et le dernier en Italie - Istituto Superiore di Stato Maggiore Interforze (ISSMI) - perspectives d’évolution de la PESD.

L’action commune du Conseil de l’UE créant le CESD le 18 juillet 2005 s’est largement appuyée sur cette expérimentation et les conclusions du séminaire de définition.

 

La place de l’IHEDN

L’Institut des hautes études de défense nationale a contribué de manière décisive au projet de ce Collège. Il a notamment joué un rôle majeur dans l’organisation du séminaire de définition et dans les réflexions conduites à cette occasion. C’est également à l’IHEDN que le ministre français de la défense a confié le mandat de la préparation du module français d’octobre 2004, mais aussi du suivi du déroulement de l’ensemble de la session pilote.

Les idées émises par l’IHEDN sur le mode de fonctionnement et l’organisation du Collège ont, tout comme ses méthodes et ses pratiques, été largement reprises. C’est ainsi que l’idée défendue par l’IHEDN d’une formation s’adressant d’abord à des auditeurs de haut niveau a été retenue.