Vidéos des lundis de l'IHedn

Les « Lundis de l'IHedn » sont des conférences mensuelles ouvertes à tous, consacrées à de grandes questions d'actualité, touchant aussi bien aux questions de défense qu’aux relations internationales en général. Ces conférences sont assurées par les meilleurs experts de la politique internationale.

L'IHEDN n'entend donner aucune approbation ni improbation aux opinions émises dans le cadre des conférences des lundis de l'Ihedn.

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Conférence des Lundis de l'IHEDN du 7 mars 2016

"Quelle France dans quel monde en 2025 ?"
avec M. Pascal LAMY
délégué interministériel pour l'exposition universelle de 2025.

« En 2025, la France appartiendra à un nouveau monde, un monde « plus grand, plus gros, plus riche et plus interdépendant » qu’il ne l’a jamais été. Si des milliards de personnes seront sorties de la pauvreté pour rejoindre la classe moyenne, les disparités économiques vont continuer de s’accentuer, créant un monde « moins pauvre mais plus inégal ». L’évolution des technologies dans les domaines allant de l'information, à la  biologie en passant par les nanotechnologies vont continuer à réduire les coûts liés à la distance. Dans ce monde interconnecté, le rôle croissant des acteurs privés et des organisations supranationales vient ébranler l’ordre westphalien construit autour des États. Mais si l’interdépendance économique ne se traduit pas par une intégration équivalente sur le plan politique, ce monde sera aussi plus instable et donc plus dangereux.

Pascal Lamy, ancien directeur général de l’OMC et président d’honneur de l’Institut Jacques Delors, revient sur les enjeux et opportunités de la mondialisation, avant d’évoquer la place et le rôle que peuvent jouer la France et l’UE - qui devrait continuer à offrir la version la plus civilisée de la mondialisation. »

Texte intégral de la vidéo

 

L’Europe : problème ou solution ?

L’Europe : problème ou solution ?
avec Nicole Gnesotto

Professeur du Conservatoire national des arts et métiers,
Présidente du conseil d’administration de l’IHEDN

 

"Mieux comprendre le chaos du monde"

"Mieux comprendre le chaos du monde" :
Dominique Moïsi,

Ecrivain et politologue

Depuis quelques années, un double processus est à l’œuvre : la multiplication et l’accélération du rythme des crises ainsi que leur simultanéité à l’heure de la mondialisation, de l’interdépendance et de la transparence. Les facteurs de désordre se multiplient quand les principes d’ordre diminuent.

Mouvement de plaques tectoniques en termes de géopolitique.
Pour la première fois depuis le XVIIIe siècle, l’Occident ne contrôle plus le monde. Il a perdu le monopole des modèles. Nous sommes en transition entre deux mondes et deux systèmes. L’Amérique n’a plus les moyens d’agir. La parole de Washington ne porte plus ni à Ryad, ni au Caire, ni à Jérusalem. L’Amérique a la tentation du repli sur soi tandis que la Chine n’est pas encore prête à jouer de rôle et regarde avec égoïsme et cynisme ses rivaux s’embourber dans des actions couteuses, même si le chaos commence à lui paraitre menaçant.

Implosion du Moyen-Orient sous l’effet de trois facteurs
La fragmentation : Daech réécrit la carte du Moyen-Orient. Déjà la Syrie, l’Irak, la Libye, le Yémen n’existent plus, alors que la question de l’avenir du Liban se pose. La culture d’humiliation du monde arabe depuis la fin du XIXe siècle s’appuie sur le sentiment d’avoir perdu le contrôle de son histoire.
La radicalisation politique et religieuse est incontestablement à l’œuvre dans tous les Etats de la région. Les printemps arabes se sont traduits par un échec qui alimente le sentiment d’humiliation nourrissant à son tour une frustration intense.
L’expansion du Moyen-Orient nous concerne, non plus comme entité géographique mais comme état d’esprit, avec quatre millions de Syriens ayant quitté leur pays. Deux thèses coexistent : celle de la radicalisation de l’islam (Gilles Kepel) et celle de l’islamisation de la radicalité (Olivier Roy).

Retour d’une puissance humiliée et revanchiste : la Russie.
Il est essentiel à la fois de comprendre la Russie et de ne pas accepter ce qu’elle fait. C’est un pays qui en Europe viole le droit international, dans un mélange de ruse et de force avec ses petits hommes verts en Crimée et en Ukraine. Nous devons tendre la main à Poutine là où il apparait comme un principe d’ordre et résister là où apparait comme un phénomène de désordre.

Période exceptionnelle avec des hommes politiques non exceptionnels.
Il existe un décalage entre les qualités nécessaires pour être un leader en Europe et les qualités pour être élu. La révolution de l’information, le culte du tweeter, des phrases courtes permettent le triomphe de la démagogie sur la pédagogie. Dans le même temps, l’Europe est devenue un objet et non plus un sujet. Elle ne pèse pas sur la scène du monde. La France y joue le rôle de shérif adjoint. Le Royaume-Uni paye l’erreur de l’Irak en 2003 et réduit son budget défense. Seule l’Allemagne bénéficie d’un vrai leader moral. Mais il y a toujours moins d’Europe.
Il est nécessaire aujourd’hui d’adopter un discours pédagogique afin de redonner espoir ; de déployer un plus grand effort en matière de défense et d’intégration. Il faut enfin résister aux populismes en étant forts et en retrouvant confiance en nous.