Renseignement et diplomatie face aux crises

Communauté IHEDN
bandeau_bajoet.jpg

Né en 1949 en Lorraine, Bernard Bajolet a fait ses études secondaires au lycée Henri Poincaré de Nancy.

Après Sciences Po Paris, un service militaire en Allemagne, puis l’ENA, il choisit la diplomatie, qui le conduit à Alger (1975-1978) – où il fait la connaissance de François Hollande, alors stagiaire de l’ENA – ; à New-York, à l’assemblée générale des Nations-Unies (1981) ; à Rome (1982-1985), auprès de Gilles Martinet, co-fondateur du Nouvel-Observateur, qui représente la France auprès du gouvernement italien, et à Damas (1986-1990), où il entre dans le cercle de Bassel, fils aîné du président Assad et frère de Bachar. Pendant cette période, il perfectionne sa connaissance de l’arabe classique et apprend le dialecte syrien.

Ces séjours à l’étranger seront entrecoupés par une année sabbatique à l’université Harvard, dans le Massachussetts, (1985-1986) et des retours à Paris : en 1978 au service de presse du Quai d’Orsay, dirigé par Louis Delamare, qui sera assassiné à Beyrouth en 1981 ; en 1979, au cabinet du secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Pierre Bernard-Reymond, où il est chargé des relations avec le Parlement Européen présidé par Simone Veil ; à la direction d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (1991-1994), dont il est le n° 2. C’est alors que Roland Dumas le nomme représentant de la France à la conférence de paix Madrid (octobre 1991), où les présidents Bush et Gorbatchev réuniront pour la première fois autour d’une même table l’ensemble des protagonistes du conflit proche-oriental.

A partir de 1994, Bernard Bajolet enchaînera plusieurs postes d’ambassadeur : à Amman (1994-1998), où il noue une relation de grande proximité avec le roi Hussein et sa famille ; Sarajevo (1999-2003), où il s’implique dans la reconstruction de ce pays ravagé par la guerre, aux côtés notamment du haut représentant nommé par la communauté internationale, Lord Paddy Ashdown. Il s’y investit dans l’apprentissage de la langue locale et de ses différentes versions (serbe, croate, bosniaque) ; Bagdad, où il arrive peu de temps après la chute de Saddam Hussein en qualité de « chef de la section des intérêts français », avant d’y être nommé ambassadeur après le rétablissement de la souveraineté irakienne. Dans ce poste, il doit gérer plusieurs affaires d’otage et tenter de rétablir l’influence de la France ; Alger (2006-2008), où il reconnaît la responsabilité de l’administration coloniale dans les massacres de mai 1945 à Sétif, Guelma et Kerrata ; Kaboul, où il doit accompagner le début du désengagement militaire de la France et tente de promouvoir un dialogue entre les Talibans et les autres factions. Il échappe à plusieurs tentatives d’assassinat en Irak, puis en Afghanistan.

En 2008, Nicolas Sarkozy en fait le premier coordonnateur national du renseignement. En 2013, François Hollande le nomme à la tête de la DGSE, le service secret français, où il sera prolongé à plusieurs reprises jusqu’en mai 2017, date de ses 68 ans.

Elevé à la dignité d’ambassadeur de France en mai 2013, M. Bajolet est grand officier de la Légion d’honneur.

L’ambassadeur Bernard Bajolet a publié à l’automne 2018 le récit très personnel de ses expériences diplomatiques sous le titre « Le soleil ne se lève plus à l’est, mémoires d’Orient d’un ambassadeur peu diplomate », dans lequel il emmène son lecteur dans des pays en crise ou en guerre.
m
Ce sont les réflexions tirées de sa double expérience – comme diplomate et responsable du renseignement extérieur – que Bernard Bajolet a accepté d’évoquer devant les auditeurs de la CAE de l’AA-IHEDN.